Le régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco concerne plusieurs millions de retraités du secteur privé. À partir de mars 2026, une partie d’entre eux pourrait constater une baisse tangible du montant net perçu, sans modification du montant brut. Cette évolution s’explique par un ajustement différé des prélèvements sociaux. Un mécanisme technique, souvent méconnu, mais aux effets budgétaires bien réels pour les foyers concernés. Décryptage.
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Fonctionnement général des pensions et prélèvements sociaux
La pension versée par Agirc-Arrco repose sur un système par points acquis tout au long de la carrière. Ces points sont convertis en pension lors du départ à la retraite, selon une valeur de service fixée par les partenaires sociaux. Cette retraite complémentaire s’ajoute à la pension de base et représente une part substantielle du revenu des retraités du privé.
Le montant brut de la pension est soumis à plusieurs contributions sociales, dont la contribution sociale généralisée et la contribution pour le remboursement de la dette sociale.
Leur taux dépend du revenu fiscal de référence, établi à partir des revenus perçus deux ans auparavant. Selon la tranche applicable, ces prélèvements peuvent réduire sensiblement le montant net versé chaque mois.
L’évolution des pensions et celle des barèmes fiscaux ne suivent pas toujours le même rythme. Ce décalage explique pourquoi une hausse nominale de pension peut entraîner une baisse du revenu net réellement perçu, lorsque le retraité change de tranche de prélèvements.
Une baisse nette des retraites attendue à partir de mars 2026
D’après les informations relayées par Droits Finances, le versement de mars 2026 intégrera les nouveaux taux de prélèvements sociaux calculés à partir des revenus de 2024. Or, cette année-là, les pensions ont progressé bien plus rapidement que les seuils de la CSG.
Les retraites de base avaient été revalorisées de 5,3 % au 1er janvier 2024, tandis que le barème de la CSG n’aurait augmenté que d’environ 1,8 %.
Cette différence entraîne un effet de seuil : de nombreux retraités basculeront vers un taux de CSG plus élevé, malgré un pouvoir d’achat contraint. Une perspective qui se traduit par une forte baisse des pensions à cause d’un mécanisme discret.
Les pensions versées en janvier et février 2026 ne seront pas impactées. La régularisation interviendra en mars, avec application des nouveaux taux et, le cas échéant, un rattrapage des contributions. Selon la situation fiscale, le montant net pourra diminuer, rester stable ou évoluer marginalement à la hausse.
| Indicateur | Année de référence | Évolution |
|---|---|---|
| Revalorisation des retraites de base | 2024 | +5,3 % |
| Revalorisation estimée du barème de la CSG | 2024 | +1,8 % |
| Année prise en compte pour la CSG en 2026 | Revenus 2024 | Décalage de deux ans |
| Application des nouveaux taux | Mars 2026 | Avec régularisation |
Cette baisse ne remet pas en cause les droits acquis ni le nombre de points détenus. Elle affecte uniquement le niveau des prélèvements sociaux. Pour les retraités concernés, consulter l’avis d’imposition permet d’anticiper l’impact concret sur le revenu disponible dès le printemps 2026.
Je m’intéresse aux questions économiques, à la vie des entreprises et aux enjeux liés à la retraite. À travers mes articles, je décrypte l’actualité du monde du travail et du patrimoine, avec l’objectif d’apporter des informations claires, pratiques et utiles à celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre les évolutions du système économique et leurs impacts sur leur quotidien.