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Retraites Agirc-Arrco : pourquoi certains subissent une grosse ponction quand d’autres touchent un bonus?

Janvier 2026, vous regardez votre relevé bancaire et vous vous dites: « Pourquoi ma retraite complémentaire Agirc-Arrco n’est pas le même montant que d’habitude? » Pour certains, c’est une bonne surprise: un petit bonus net, sans avoir rien demandé. Pour d’autres, c’est la douche froide: un prélèvement plus lourd qui fait baisser le virement, alors que le brut, lui, n’a pas bougé.

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Le moteur de ce bazar tient en trois lettres: CSG. Le taux appliqué en 2026 dépend du revenu fiscal de référence… de 2024. Et comme 2024 a été une année de revalorisations (5,3 % sur les pensions de base, 1,6 % côté Agirc-Arrco), pas mal de retraités ont vu leur revenu fiscal grimper. Résultat: certains passent un seuil, changent de tranche, et le net suit – dans un sens ou dans l’autre.

Pourquoi ton virement change sans « revalorisation » Agirc-Arrco

Le truc à comprendre, c’est que le virement Agirc-Arrco, ce n’est pas juste « un montant ». C’est un brut, puis des prélèvements sociaux qui tombent dessus, et au bout du compte un net versé sur ton compte. En 2026, beaucoup vont confondre: ils vont croire à une hausse ou une baisse de pension, alors que c’est surtout un changement de taux de prélèvements qui fait bouger la ligne finale.

Ce recalcul n’arrive pas parce qu’un conseiller a ouvert ton dossier à la main. C’est automatique. Les caisses récupèrent les infos fiscales transmises par l’administration, et appliquent le taux correspondant. Deux retraités avec une pension brute proche peuvent donc toucher des montants nets différents, juste parce que leur revenu fiscal de référence 2024 n’est pas le même, ou parce qu’ils ne sont pas dans la même situation (seul, en couple).

Le point qui pique, c’est l’effet « à retardement ». En 2026, on applique le revenu fiscal de 2024. Donc si tu as eu une hausse de revenus ou une revalorisation qui t’a fait franchir un seuil en 2024, tu ne le « payes » qu’après, quand le taux CSG se met à jour. Tu peux avoir eu une bonne nouvelle sur le moment, puis deux ans plus tard une ponction que tu n’avais pas anticipée.

Et ça se voit tout de suite: dès janvier 2026, le virement peut être plus faible ou plus élevé, même si ton montant brut affiché sur ton relevé n’a pas changé. C’est là que ça rend dingue: tu as l’impression qu’on t’a baissé ta retraite, alors qu’on a surtout changé la « taxe » appliquée dessus. Dans les faits, ton pouvoir d’achat, lui, c’est bien le net qui l’intéresse.

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Les 4 taux de CSG en 2026 et les seuils qui font basculer

En 2026, il existe quatre taux de CSG possibles sur les pensions: 0 % (exonération), 3,8 % (taux réduit), 6,6 % (taux médian) et 8,3 % (taux normal). C’est ce taux qui peut te donner un « bonus » si tu descends d’une marche, ou te coller une baisse nette si tu montes d’une marche. Et oui, une marche, ça peut faire mal.

Les seuils, eux, ont été revalorisés d’environ 1,8 % pour suivre l’inflation. Sur le papier, ça protège un peu. Exemple concret: une personne seule est exonérée de CSG si son revenu fiscal de référence 2024 ne dépasse pas 13 048 euros par an. Pour un couple, le plafond annoncé est de 20 014 euros. Tu vois le genre: tu dépasses de peu, et tu changes de monde.

Le cas typique, c’est le retraité « modeste mais pas trop », celui qui était pile sous la barre, et qui passe juste au-dessus après une hausse de revenus déclarés. Tu ne roules pas sur l’or, mais tu perds l’exonération. Et là, tu te retrouves avec un taux réduit, puis parfois tu peux grimper encore selon ta situation. Ce n’est pas une sanction morale, c’est mécanique – mais côté frigo, ça fait la même chose.

À l’inverse, si ton revenu fiscal baisse ou si tu repasses sous un seuil, tu peux descendre de tranche et toucher un net plus élevé. C’est le fameux « bonus » dont certains vont parler en janvier: il n’y a pas de cadeau, pas de prime, juste moins de prélèvements. Tu le verras sur ton virement, et souvent tu ne recevras pas une alerte spectaculaire avant. Tu le découvres en regardant ton compte, point.

Qui gagne un « bonus » en janvier 2026, et de quel ordre

Ceux qui gagnent, ce sont surtout les retraités dont le taux de prélèvements sociaux baisse avec la mise à jour 2026. Ça peut arriver si ton revenu fiscal de référence 2024 te place dans une tranche plus favorable que celle appliquée avant. Dans ce cas, la pension nette remonte automatiquement. Pas besoin de formulaire, pas besoin d’appel – et tant mieux, parce que les plateformes téléphoniques, tu connais la musique.

Dans la vraie vie, ça se traduit souvent par quelques euros à quelques dizaines d’euros de plus par mois, selon le montant de ta complémentaire et la marche que tu descends. Pour quelqu’un qui vit avec un budget serré, une petite hausse nette peut faire la différence sur les dépenses incompressibles: mutuelle, énergie, carburant, ou juste les courses. Ce n’est pas une fortune, mais c’est du concret.

J’ai eu au téléphone un ancien cadre du privé (appelons-le Jean, 72 ans) qui surveille ses virements « comme le lait sur le feu ». Il m’explique qu’il a vu son net bouger certains débuts d’année sans comprendre, avant de réaliser que c’était le taux appliqué qui avait changé. Son réflexe, maintenant: comparer le brut et le net, et regarder la ligne des prélèvements. C’est bête, mais ça évite de croire à une erreur de paiement.

Attention quand même à un piège: ce bonus n’est pas une revalorisation pérenne décidée par l’Agirc-Arrco, c’est un effet de taux. Si ta situation fiscale change encore, tu peux reperdre ce gain l’année suivante. Du coup, si tu touches un peu plus en janvier 2026, ne le dépense pas trop vite en te disant que c’est acquis « pour toujours ». C’est fragile, et ça dépend de chiffres qui bougent.

Qui se prend un prélèvement plus lourd, avec l’exemple des 800 euros

Ceux qui trinquent, ce sont les retraités dont le revenu fiscal de référence 2024 a augmenté au point de franchir un seuil d’exonération ou de changer de tranche. Et 2024 a été un gros morceau: les pensions de base ont été revalorisées de 5,3 %, et l’Agirc-Arrco a aussi augmenté de 1,6 % la même année. Sur le moment, c’était bon à prendre. Deux ans après, certains en voient la contrepartie sur la CSG.

Un exemple qui parle: un retraité qui perçoit 800 euros brut par mois de retraite complémentaire et qui était jusque-là exonéré peut basculer au taux réduit de 3,8 %. Dans ce cas, on parle d’environ 30 euros prélevés chaque mois. 30 euros, ce n’est pas une ligne comptable: c’est un plein « partiel », deux repas, une facture internet, ou une partie de la mutuelle.

Le pire dans l’histoire, c’est le côté silencieux du mécanisme. Le prélèvement s’applique automatiquement, sans notification spécifique « spectaculaire » qui t’explique clairement: « Tu changes de taux, voilà le calcul. » Tu vois juste un virement plus faible dès janvier 2026. Et là, tu peux passer une semaine à te demander si la caisse s’est trompée, si la banque a bloqué quelque chose, ou si tu as raté un courrier.

Et n’oublie pas l’effet psychologique: tu as l’impression de perdre, alors que tu n’as rien fait de spécial. C’est là que je mets une nuance – parce qu’il faut être honnête. Ce système à décalage (N-2) est logique pour l’administration, mais pour les retraités, c’est illisible. On te parle de « pouvoir d’achat » à la télé, puis tu découvres une ponction deux ans après une hausse, sans mode d’emploi. Forcément, ça alimente la colère.

Ce que tu peux vérifier tout de suite pour éviter les mauvaises surprises

Premier réflexe simple: retrouve ton revenu fiscal de référence 2024 sur ton avis d’imposition. C’est lui qui pilote le taux appliqué en 2026. Si tu es proche des seuils (13 048 euros pour une personne seule, 20 014 euros pour un couple, selon les chiffres communiqués), tu sais déjà si tu joues à quelques euros près. À ce niveau-là, une petite variation peut te faire basculer.

Deuxième réflexe: compare sur ton relevé Agirc-Arrco le brut et le net, et repère le taux de CSG appliqué. Les quatre taux (0 %, 3,8 %, 6,6 %, 8,3 %) donnent une grille de lecture immédiate. Si tu vois que tu es passé de 0 % à 3,8 %, tu comprends pourquoi ton virement a baissé. Si tu descends d’un taux, tu comprends ton « bonus ». C’est basique, mais ça remet de l’ordre.

Troisième point, plus terre-à-terre: anticipe sur ton budget mensuel. Si tu perds 20, 30, 50 euros, ce n’est pas énorme sur une feuille Excel, mais sur une petite retraite, ça se sent. Une aide à domicile, une facture d’électricité, un reste à charge médical… tout est déjà calibré. J’ai vu des familles se faire surprendre par des écarts de trésorerie, surtout quand plusieurs pensions se cumulent ou quand une partie du versement bouge.

Dernier rappel utile: on parle de 14 millions de retraités concernés par ces ajustements de taux sur l’Agirc-Arrco. Donc si tu as l’impression d’être le seul à ne pas comprendre, tu n’es pas un cas isolé. Le bon réflexe, c’est de regarder les chiffres froidement, pas de paniquer. Et si ton virement change en janvier 2026, garde le relevé sous la main: c’est souvent là, noir sur blanc, que tu vois si c’est une baisse de brut… ou juste un prélèvement qui a grossi.

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