Depuis plusieurs mois, les retraités sont régulièrement cités dans les arbitrages budgétaires comme une catégorie susceptible de contribuer davantage à l’effort national. Pour ceux dont la pension dépasse 1 666 € par mois, l’hypothèse d’un durcissement fiscal a alimenté de fortes inquiétudes. Une annonce gouvernementale récente vient finalement rassurer cette partie des pensionnés. Décryptage.
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Les retraités intégrés aux équilibres du budget 2026
En résumé :
Le projet de loi de finances pour 2026 s’inscrit dans un contexte politique instable, marqué par l’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale. L’exécutif explore plusieurs pistes pour consolider les recettes publiques, en ciblant notamment les ménages disposant de revenus réguliers.
Dans ce cadre, l’abattement forfaitaire de 10 % sur les pensions de retraite s’est retrouvé au centre des discussions. Appliqué automatiquement par l’administration fiscale, il permet de réduire le revenu imposable et joue un rôle déterminant pour des millions de foyers retraités.
Une réforme fiscale qui aurait touché les pensions supérieures à 1 666 €
Le projet initial du gouvernement prévoyait de remplacer cet abattement proportionnel par une déduction forfaitaire fixe de 2 000 € par an, présentée par l’exécutif comme un forfait annuel retraite. Une modification loin d’être neutre, puisqu’elle aurait concerné tous les retraités dont le revenu imposable annuel dépasse 20 000 €.
Concrètement, cette réforme aurait entraîné une hausse d’imposition pour une large partie de la classe moyenne retraitée. Le tableau ci-dessous illustre l’impact chiffré pour un pensionné célibataire percevant 3 000 € par mois.
| Situation fiscale | Pension annuelle brute | Abattement ou déduction | Revenu imposable | Impôt estimé |
|---|---|---|---|---|
| Règles actuelles (abattement 10 %) | 36 000 € | 3 600 € | 32 400 € | 2 885 € |
| Projet initial (déduction 2 000 €) | 36 000 € | 2 000 € | 34 000 € | 3 365 € |
Dans cet exemple, la suppression de l’abattement aurait entraîné une hausse d’impôt supérieure à 16 %, sans modification du niveau de pension.
Le maintien confirmé de l’abattement de 10 %
La donne a changé avec la prise de parole de Amélie de Montchalin. Invitée sur RTL le 8 janvier, la ministre des Comptes publics a affirmé qu’il était désormais trop tard, sur le plan juridique, pour remettre en cause l’abattement fiscal de 10 % pour l’année à venir.
En clair, cet avantage fiscal est maintenu pour 2026. Le changement d’exercice empêche son intégration dans le projet de loi de finances actuellement en discussion.
Pour les retraités concernés, cela se traduit par :
- Le maintien du mode de calcul actuel de l’impôt sur le revenu
- L’absence de hausse automatique liée à la réforme envisagée
- Une visibilité fiscale à court terme
Un budget encore incertain sur d’autres volets
Si la question de l’abattement est désormais tranchée, l’adoption du budget 2026 reste suspendue aux négociations parlementaires. Le recours à l’article 49.3 de la Constitution demeure une option envisagée par l’exécutif, en l’absence d’accord politique durable.
Dans ce contexte, la conservation de l’abattement de 10 % constitue une stabilité notable pour les retraités percevant plus de 1 666 € par mois, alors que d’autres ajustements fiscaux restent à l’étude.
Je m’intéresse aux questions économiques, à la vie des entreprises et aux enjeux liés à la retraite. À travers mes articles, je décrypte l’actualité du monde du travail et du patrimoine, avec l’objectif d’apporter des informations claires, pratiques et utiles à celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre les évolutions du système économique et leurs impacts sur leur quotidien.