1 750 de retraite par mois, ça sonne « tranquille ». Sauf que quand on pose la question qui fâche – combien d’impôts en 2026? – on se rend vite compte que la réponse tient en deux phrases… et en dix lignes de petites conditions. Sur le cas standard d’un retraité célibataire (1 part) à 1 750 bruts mensuels, on tombe autour de 803 d’impôt sur l’année. Dans les faits, ça ressemble à un prélèvement à la source d’environ 67 par mois.
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Ce chiffre ne vit pas tout seul. Avant même l’impôt sur le revenu, la pension peut déjà être rabotée par les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, Casa), qui dépendent du Revenu fiscal de référence. Et après, il y a tout ce qui peut bouger le résultat: crédits d’impôt, déductions, situation familiale. Donc on va faire simple, mais pas simpliste: on déroule le calcul, puis on regarde pourquoi deux retraités à 1 750 peuvent finir avec des nets très différents.
Le calcul « de base »: 21 000 par an, puis l’abattement de 10 %
On part d’une pension brute de 1 750 par mois. Sur un an, ça fait 21 000. Première étape: le fisc ne taxe pas la totalité, parce qu’il applique un abattement spécifique aux pensions, fixé à 10 %. Dans cet exemple, 10 % de 21 000, ça fait 2 100. Résultat: le revenu net imposable « pension » tombe à 18 900.
Ce 10 % n’est pas une vague tradition: il est encadré par des bornes. Pour l’imposition 2026, l’abattement a un minimum de 454 par pensionné et un plafond autour de 4 439 par foyer fiscal. À 1 750 mensuels, on n’est ni au plancher ni au plafond: on est pile dans le cas « manuel scolaire », où l’abattement joue à plein.
Deuxième étape: le barème. Avec le barème 2026, jusqu’à 11 600 (pour 1 part), tu es à 0 %. Donc sur tes 18 900, seule la tranche au-dessus de 11 600 est imposée. Fais le calcul: 18 900 11 600 = 7 300. Et cette part-là est taxée à 11 %.
7 300 à 11 %, ça donne environ 803 d’impôt sur l’année. Et comme on est à l’époque du prélèvement à la source, ça se traduit souvent par un prélèvement mensuel autour de 67. Si tu ne changes rien à ta situation, c’est l’ordre de grandeur à garder en tête: tu ne « payes pas » 803 d’un coup, tu les vois grignoter ton versement mois après mois.
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Pourquoi tu peux payer 67 par mois… ou pas du tout
Le chiffre de 803 est un cas standard: célibataire, 1 part, pas d’autres revenus, pas de crédit d’impôt, pas de déduction particulière. Dans la vraie vie, il suffit d’un détail pour que ça bouge. Un don à une association, des travaux ouvrant droit à crédit d’impôt, une aide à domicile déclarée: ton impôt peut baisser, parfois franchement. À l’inverse, si tu as des revenus en plus (petite location, intérêts, etc.), tu peux monter.
Le prélèvement à la source ajoute un autre piège: ce que tu vois chaque mois n’est pas toujours la photo exacte de ton impôt final. Le taux appliqué peut être calculé sur une situation antérieure, puis régularisé. En clair: tu peux avoir un PAS « sage » pendant un moment, puis une correction plus tard. Et si tu changes de situation (veuvage, séparation, déménagement, etc.), ça peut décaler le timing.
Autre point qui fait varier la note: le nombre de parts fiscales. Là, on ne rentre pas dans tous les cas de figure, mais retiens l’idée: plus tu as de parts, plus tu répartis le revenu imposable, donc plus tu peux rester longtemps dans la zone à 0 % ou limiter la part taxée à 11 %. À revenu identique, la mécanique du quotient familial peut changer l’addition.
J’ai eu au téléphone Gérard, 68 ans, ancien agent de maîtrise – « je suis à peu près dans ces montants-là ». Il me dit: « Je croyais que 1 750, c’était un seuil où tu commences à payer beaucoup. En fait non, mais tu le sens quand même sur le mois. » C’est exactement ça: ce n’est pas un impôt « massif », mais sur un budget serré, 67 mensuels, c’est des courses, ou une facture d’énergie.
CSG, CRDS, Casa: la vraie différence se joue sur ton RFR
Avant même de parler impôt sur le revenu, beaucoup de retraités regardent leur pension nette et se demandent pourquoi elle n’a rien à voir avec le brut annoncé. Là, on tombe sur les prélèvements sociaux: CSG, CRDS, Casa. Et la règle clé, c’est que le taux dépend de ton Revenu fiscal de référence (RFR). Pas celui de 2026: celui de 2024, visible sur l’avis reçu en 2025.
Pour 2026, les seuils de RFR qui déterminent exonération ou taux réduit sont relevés de 1,8 %. Concrètement, pour une part fiscale, tu es exonéré de CSG si ton RFR est inférieur à 13 048. Et tu peux bénéficier d’un taux réduit de CSG à 3,8 % si ton RFR est compris entre 13 049 et 17 057. Au-dessus, tu bascules vers des taux plus élevés, ce qui change nettement le net versé.
Ce point-là est souvent mal compris, parce que tout est mélangé dans la tête des gens: « impôts », « charges », « ce qu’on me retire ». Sauf que la CSG et compagnie ne sont pas l’impôt sur le revenu. Elles sont prélevées directement par les caisses, avant que l’argent arrive sur ton compte. Donc tu peux avoir un impôt sur le revenu « raisonnable » (genre 67 de PAS), mais une pension déjà diminuée en amont si tu n’es pas exonéré.
Et ça donne des situations qui rendent dingue. Sur des échanges de retraités, tu vois des gens parler de « lissage »: une année où tu restes à un taux réduit, puis l’année suivante tu bascules, parce que ton RFR a augmenté et que la protection ne dure pas éternellement. Du coup, certains ont la sensation très concrète d’une retraite qui baisse, même si le brut n’a pas bougé dans les mêmes proportions.
L’abattement de 10 % maintenu: le soulagement… et la polémique
Dans la loi de finances 2026, le point qui a rassuré pas mal de monde, c’est le maintien de l’abattement de 10 % sur les pensions. Il avait été question de le transformer en forfait fixe de 2 000 par pensionné. Sur le papier, ça paraît plus simple. Dans les faits, ça aurait déplacé la charge: neutre ou favorable pour les petites pensions, mais hausse potentielle pour les pensions moyennes et au-dessus.
On peut le voir avec un exemple très concret donné dans les explications autour de cette idée: au-delà d’environ 20 000 de pension annuelle, un forfait de 2 000 devient moins intéressant que 10 %. Pour quelqu’un qui déclare 30 000 de pension, passer de 10 % à 2 000 aurait ajouté 1 000 de revenus imposables. Et la hausse d’impôt annoncée dans ce cas pouvait aller d’environ 110 à 450, selon la tranche.
Le débat a aussi touché un autre avantage: l’abattement lié à l’âge ou à l’invalidité. Il était question de le réserver à certains profils, puis il a été maintenu plus largement, ce qui évite une hausse mécanique pour des seniors aux revenus modestes. Exemple parlant: un contribuable de 70 ans avec 25 000 de revenu global aurait payé 1 244 dans un scénario, contre 1 019 grâce à un abattement de 1 411. On parle d’une baisse d’impôt de 18 %. Pas un détail.
Ma nuance – parce qu’il en faut une – c’est que « maintenir » ne veut pas dire « protéger tout le monde pareil ». Les dispositifs restent lisibles pour ceux qui savent lire une notice fiscale, moins pour les autres. Et quand tu es retraité, que tu jongles entre plusieurs caisses, un RFR qui date de deux ans, et un taux de PAS qui change, tu peux vite avoir l’impression qu’on te parle une langue étrangère.
Deux simulations concrètes à 1 750: ce que tu peux faire dès maintenant
Simulation 1, cas « propre »: tu es célibataire, 1 part, pension brute 1 750 par mois, pas d’autres revenus, pas de crédits d’impôt. On a vu le chemin: 21 000 annuels, abattement 10 % (2 100 ), base imposable 18 900. Barème: 0 % jusqu’à 11 600, puis 11 % sur 7 300. Impôt autour de 803 sur l’année, soit environ 67 par mois de prélèvement à la source.
Simulation 2, même pension brute, mais ton RFR te place différemment pour la CSG. Si tu es sous 13 048 de RFR (1 part), tu peux être exonéré de CSG, ce qui change ton net « sur le compte » dès le versement. Si tu es entre 13 049 et 17 057, tu peux être au taux réduit de 3,8 %. Dans les deux cas, tu ne changes pas forcément ton impôt sur le revenu de 803… mais ton ressenti mensuel n’a plus rien à voir.
Ce que tu peux faire, sans devenir expert-comptable: d’abord, retrouve ton avis d’imposition et regarde ton RFR, parce que c’est lui qui pilote la CSG 2026. Ensuite, vérifie ton taux de prélèvement à la source, et n’hésite pas à l’ajuster si ta situation a changé, pour éviter une grosse régularisation. Et si tu as droit à des crédits d’impôt (aide à domicile, certains travaux, dons), garde les justificatifs et déclare proprement: c’est souvent là que tu récupères de l’air.
Dernier conseil de terrain: si tu vois une incohérence sur la CSG appliquée par une caisse, ne laisse pas traîner. Il existe des cas où une réclamation est possible, en joignant les deux derniers avis d’impôt et le RFR. Ce n’est pas glamour, mais c’est parfois la différence entre « je serre les dents » et « je respire un peu ». Et en 2026, avec une retraite à 1 750, c’est souvent ça le vrai sujet: le reste à vivre, mois après mois.
Sources
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