3 mars, virement Agirc-Arrco: le montant peut bouger d’un coup. Pas parce que votre retraite complémentaire « augmente » comme en novembre, mais parce que les prélèvements sociaux, surtout la CSG, sont recalculés et appliqués avec décalage. Résultat: certains retraités vont voir un virement plus gros, d’autres une claque, parfois de l’ordre de 150 euros sur un seul paiement. Le truc qui piège, c’est la régularisation. En mars, l’Agirc-Arrco rattrape janvier et février si votre taux de CSG a changé. Vous pouvez donc toucher un « bonus » rétroactif… ou devoir rendre du trop-perçu via une ponction. Et après, en avril, vous repassez sur un montant mensuel net stabilisé jusqu’à la prochaine revalorisation du 1er novembre.
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Pourquoi le virement Agirc-Arrco du 3 mars peut surprendre
Le calendrier est contre-intuitif: l’Agirc-Arrco verse la pension chaque mois et d’avance, au premier jour ouvrable. Pour 2026, le paiement tombe le lundi 3 mars. Sauf que la somme qui arrive sur ton compte n’est pas « juste » ta pension: c’est ta pension moins les prélèvements sociaux. Et quand le taux de CSG change, le net change, parfois sans que tu aies l’impression d’avoir fait quoi que ce soit.
Ce recalcul annuel des prélèvements sociaux se joue au début d’année, à partir de la situation fiscale. La pension de base a déjà intégré la mise à jour dès le début d’année. L’Agirc-Arrco, elle, applique ce changement à partir de mars, avec un décalage de trois mois. Du coup, tu peux vivre un décalage entre ce que tu vois sur la base et ce que tu vois sur la complémentaire.
Et comme l’Agirc-Arrco ne fait pas les choses à moitié, mars sert aussi à régulariser les mois déjà passés: janvier, février, et le mois qui démarre. Si tu devais payer plus de CSG depuis janvier, l’organisme te rattrape d’un coup. Si tu devais payer moins, tu récupères d’un coup. C’est ce mécanisme qui fabrique le fameux « virement surprise« .
Un conseiller retraite que j’ai eu au téléphone (pas de nom, tu t’en doutes) résume ça très simplement: « Les gens regardent le montant brut et pensent que tout est figé. Mais ce qui compte, c’est le net. Et le net dépend d’un taux qui peut bouger chaque année. » C’est basique, mais quand tu fais tes comptes au centime près, ça ne fait pas rire.
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CSG: comment un changement de tranche te fait gagner ou perdre
La CSG, c’est le gros morceau. Si ton revenu fiscal de référence te fait changer de tranche, ton taux appliqué sur la retraite complémentaire peut monter ou descendre. Et là, tu le sens tout de suite sur le net. Certains retraités peuvent perdre jusqu’à 150 euros sur le virement de mars, pas parce que la pension « baisse », mais parce que la ponction augmente et qu’on te rattrape sur plusieurs mois.
Un exemple concret circule souvent: un retraité du privé avec 1 500 euros brut, qui passe d’un taux réduit de 3,8% à un taux médian de 6,6%. La perte estimée tourne autour de 46 euros par mois. Sur un an, ça fait environ 555 euros. Et quand la régularisation tombe en mars pour janvier et février, la ponction peut grimper autour de 140 euros sur un seul virement. Là, tu comprends mieux le « jusqu’à 150 euros ».
À l’inverse, si ton revenu fiscal de référence a baissé, ou si tu repasses dans une tranche plus douce, tu peux toucher plus en mars. Certains sont aussi protégés par un mécanisme de lissage autour d’un seuil (notamment autour du taux à 3,8%), ce qui évite de basculer trop brutalement d’une année sur l’autre. Dit autrement: tout le monde ne prend pas le mur, même si tout le monde regarde son compte avec la même angoisse.
Ce qui est frustrant, c’est le côté « opaque » pour beaucoup de gens. Sur le papier, c’est logique: l’impôt et les contributions suivent ta situation. Dans la vraie vie, tu vois juste un virement qui change. Et pour un couple de retraités qui a, par exemple, 2 000 euros à deux, une variation de 100 à 150 euros sur un mois, c’est potentiellement les courses, l’électricité, ou la mutuelle.
Régularisation de janvier-février: la vraie raison des gros écarts
Le mois de mars, ce n’est pas seulement « le nouveau taux ». C’est le mois où l’Agirc-Arrco fait les comptes avec retard. Si ton taux de CSG devait changer dès janvier, le régime applique la correction en mars, et il régularise en même temps ce qui aurait dû être prélevé (ou pas) sur janvier et février. Donc tu peux te retrouver avec un net amputé bien plus que le simple écart mensuel normal.
Imagine un retraité qui devait perdre 46 euros par mois à cause du changement de taux. En temps normal, tu aurais une baisse « supportable » étalée. Sauf qu’en mars, on te retire en une fois ce qui manque sur janvier et février, en plus du mois en cours. Tu as donc un virement qui peut être inférieur de plus de 100 euros, sans que ce soit le nouveau niveau permanent. En avril, tu reviens sur une baisse mensuelle « simple ».
Dans l’autre sens, ça peut faire un virement plus élevé. Une lectrice m’avait raconté l’an dernier avoir vu « un virement plus gros que d’habitude » et avoir cru à une revalorisation. Sauf que non: c’était juste un rattrapage parce que son taux avait été revu à la baisse. Elle a fait ce que font plein de gens: elle a soufflé, puis elle a dépensé. Et le mois suivant, retour à la normale – avec la sensation d’avoir été baladée.
Ma critique, elle est là: le mécanisme est défendable, mais l’atterrissage est brutal. On pourrait lisser la régularisation sur plusieurs mois pour éviter l’effet massue, surtout quand on parle de budgets serrés. Parce que le retraité, lui, n’a pas un service compta. Il a un frigo, un loyer, et parfois un découvert qui n’attend pas avril.
Remboursements: trop-perçu, décès, et mentions bancaires incompréhensibles
Quand on parle de « devoir rembourser« , il y a deux réalités. La première, c’est le trop-perçu lié aux prélèvements: si tu aurais dû payer plus de CSG depuis janvier, mars sert de rattrapage. Ce n’est pas un chèque que tu envoies, c’est souvent une retenue sur le virement. Et comme c’est mécanique, tu as l’impression qu’on te « prend » de l’argent, même si, techniquement, c’est une correction.
La seconde réalité, plus dure, c’est le remboursement après un décès. L’Agirc-Arrco paie à terme à échoir: le mois est versé d’avance, au début du mois. Donc s’il y a un décès et qu’une mensualité a été versée après, elle doit être remboursée. Là aussi, ça peut tomber comme un couperet pour la famille, surtout quand elle découvre une ligne de prélèvement avec une mention pas claire.
Dans la vraie vie, ça donne des situations tordues. Une pension de réversion peut se retrouver amputée d’une retenue liée à un paiement intervenu après le décès, avec une mention administrative qui ne parle à personne. Et si tu es déjà dans les démarches de deuil, tu n’as pas forcément l’énergie de te battre sur des libellés bancaires. Sauf que tu n’as pas le choix: il faut comprendre, contester si besoin, et obtenir des explications.
Ce point mérite d’être dit sans détour: les caisses ont raison sur le principe du paiement d’avance, mais la communication est souvent trop froide. Un simple courrier clair, avec un détail lisible, éviterait des semaines de stress. Là, tu te retrouves à appeler, à attendre, à naviguer entre espace perso et standard. Et pendant ce temps, la banque, elle, ne te fait pas de cadeau sur les agios.
Comment vérifier ton taux et éviter la panique en regardant ton compte
Premier réflexe: repère la date de paiement et garde en tête que la date de virement effective dépend de ta banque. L’Agirc-Arrco verse au premier jour ouvrable, mais selon l’établissement, ça peut apparaître le jour même ou avec un petit délai. Donc avant de crier au bug, attends la fenêtre habituelle de ta banque. Ça évite déjà un appel inutile et trois nuits à ruminer.
Deuxième réflexe: sors ton avis d’imposition et regarde ton revenu fiscal de référence. C’est lui qui pilote les seuils et le taux de CSG. Si tu as eu une hausse de revenus (fin d’un crédit d’impôt, revenus du patrimoine, changement de situation), tu as plus de chances d’avoir basculé. Si tu as eu une baisse, tu peux être « du bon côté ». Ce n’est pas glamour, mais c’est la base.
Troisième réflexe: va sur tes espaces personnels (Assurance retraite pour la base, Agirc-Arrco pour la complémentaire) et regarde le détail des prélèvements. Ce que tu cherches, ce n’est pas seulement « le montant versé », c’est la ligne CSG et les autres contributions. Si tu vois une régularisation, tu comprends tout de suite pourquoi mars est atypique. Et tu peux anticiper avril, qui sera le vrai nouveau rythme.
Dernier point, très concret: si tu es perdu, écris plutôt que d’enchaîner les appels. Un courrier ou un message via l’espace personnel laisse une trace, et ça force une réponse structurée. Et en cas de blocage qui traîne (RIB, reliquat, paiement manquant), il existe aussi une voie de médiation. Ce n’est pas magique, mais ça évite de tourner en rond avec « soyez patient ». On verra bien si, cette année, la vague de questions de mars pousse le système à être un peu plus clair.
Sources
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