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Nettoyage : le job mal-aimé qui rapporte 1000€ par semaine avec une fin de service à 15h

1000 euros par semaine, fin de journée à 15 heures, et un boulot que beaucoup regardent de haut : Niamh Hough, 22 ans, a posé ça calmement sur TikTok depuis le Royaume-Uni. Elle dirige une petite entreprise de nettoyage, assume le balai, les produits, les sols à genoux. Et elle ajoute le détail qui fait grincer des dents : en cinq jours, elle dépasse les 1 100 euros, tout en gardant des horaires « de bureau » version courte.

Le truc, c’est que cette histoire ne parle pas juste d’une jeune qui gagne bien sa vie. Elle met le nez des gens dans un paradoxe : on méprise un métier, on en a besoin tous les jours, et quand quelqu’un en fait un business rentable, on crie à l’arnaque ou à l’exagération. Sauf que derrière, il y a de l’organisation, une stratégie de clientèle, et aussi des galères d’indépendant que les vidéos ne montrent pas toujours.

Sur TikTok, Niamh Hough balance ses chiffres et ça pique

Elle ne débarque pas avec un discours de coach LinkedIn. Elle montre des montants, explique qu’en cinq jours elle dépasse 1 100 euros, et qu’elle termine la plupart de ses journées en milieu d’après-midi. Tu vois le tableau : pendant que d’autres s’enfilent des réunions jusqu’à 19 h, elle est déjà rentrée. Sur les réseaux, ça attire les curieux, les sceptiques, et aussi les rageux.

Le nettoyage, dans l’imaginaire collectif, c’est le « petit boulot » qu’on file à quelqu’un d’autre. Quand une jeune femme de 22 ans explique qu’elle en vit bien, ça casse le scénario. Résultat: remarques condescendantes, sous-entendus sur le « vrai » travail, et l’éternel réflexe de classer les métiers en haut et en bas de l’échelle. Elle, elle ne se cache pas: elle répond frontalement.

Ce qui est intéressant, c’est sa manière de reprendre la main. Dans une vidéo tournée depuis sa camionnette, elle recadre ceux qui la renvoient à une position subalterne. Elle ne dit pas « regardez comme je suis exceptionnelle », elle dit plutôt « regardez ce que ça peut rapporter quand tu t’organises ». Et ça, pour beaucoup, c’est insupportable: parce que ça enlève l’excuse du « on n’a pas le choix ».

Il y a aussi un effet miroir. Les gens qui bossent dans des jobs jugés « prestigieux » et qui peinent à boucler les fins de mois voient passer 1 000 euros hebdo et se demandent où ils se sont plantés. Sauf que comparer une semaine de chiffre annoncé sur TikTok avec un salaire net mensuel, c’est souvent mélanger des pommes et des boulons. Le nettoyage peut rapporter, oui, mais ça reste une activité avec des coûts et des charges.

Son secret, c’est une organisation millimétrée sur cinq jours

Dans son récit, le mot qui revient, c’est l’organisation. Elle ne parle pas de « passion du carrelage », elle parle de planning. Finir à 15 h, ça ne tombe pas du ciel: tu bloques des créneaux tôt, tu enchaînes des prestations, tu évites les temps morts, tu optimises les trajets. Le nettoyage, quand c’est ton business, c’est presque de la logistique.

Sur une semaine de cinq jours, dépasser 1 100 euros veut dire que chaque journée est pensée comme une unité rentable. Si tu perds une heure entre deux clients, tu perds de l’argent. Si tu acceptes des prestations trop loin, tu bouffes ton chiffre en essence et en temps. Et si tu dis oui à tout, tu finis rincé, donc moins efficace. C’est bête, mais beaucoup d’indépendants se plantent là-dessus.

Le nettoyage a un avantage: la demande est stable. Bureaux, locations, maisons, fins de bail, remises en état… le besoin ne disparaît pas parce qu’il pleut. Et quand tu fais bien le boulot, le bouche-à-oreille peut tourner vite. Une cliente satisfaite te recommande à sa sur, puis à une voisine, puis à « une copine qui loue sur Airbnb« . Tu construis une base qui remplit ton agenda.

Mais l’organisation, ce n’est pas juste l’agenda. C’est aussi le matériel, les produits, la méthode. Tu arrives, tu sais par où commencer, tu ne perds pas dix minutes à chercher un chiffon. Tu standardises tes gestes. Les gens fantasment le « métier simple ». En vrai, la différence entre une prestation rentable et une prestation qui te plombe, elle se joue sur des détails répétitifs.

Pourquoi ce métier « détesté » reste indispensable dans la vraie vie

On peut faire les difficiles, mais tout le monde aime vivre dans un endroit propre. Le nettoyage, c’est un service de base, comme la collecte des déchets ou la maintenance. Sauf qu’on le voit seulement quand il manque. Un bureau mal entretenu, ça se sent en une journée: sanitaires, poussière, poubelles, odeurs. Et là, tout le monde se plaint, comme si la propreté apparaissait par magie.

Le mépris vient souvent d’un truc simple: on confond « travail manuel » et « travail sans valeur ». C’est faux. La valeur, c’est l’utilité et le temps. Or, le nettoyage te rend du temps et te retire une charge mentale. C’est exactement ce que vend Niamh Hough, sans le dire comme ça: elle vend une tranquillité. Les clients payent pour ne pas le faire, et pour être sûrs que ce soit fait correctement.

Il y a aussi une dimension sociale. Dans beaucoup de familles, on a grandi avec l’idée que « réussir », c’est s’éloigner de ce type de tâches. Donc quand quelqu’un choisit ce métier et en fait un business, ça dérange la hiérarchie symbolique. Ça force à regarder en face que des métiers essentiels sont sous-valorisés, alors qu’ils tiennent le quotidien debout.

Et puis il y a le côté très concret: c’est un travail qui se voit. Tu passes après, c’est propre, point. Pas besoin de raconter une histoire. Dans une époque où beaucoup de jobs sont abstraits, ça peut même rassurer. Sauf que la reconnaissance ne suit pas toujours. Les commentaires condescendants que Niamh reçoit montrent que le problème n’est pas le service, c’est le regard posé sur ceux qui le font.

Le revers du décor: indépendance, charges et précarité possible

Gagner 1 000 euros par semaine, ça claque. Mais il faut poser les mots correctement: ce que Niamh met en avant, c’est un montant lié à son activité, pas un CDI avec congés payés qui tombent tout seuls. Quand tu es à ton compte, tu as des semaines fortes et des semaines creuses. Tu peux aussi tomber malade, et là, ton planning s’écroule vite.

Les études sur les travailleurs indépendants et auto-entrepreneurs rappellent un point que beaucoup découvrent trop tard: les cotisations, les papiers, la relation aux organismes, et la sensation d’être seul face au système. Certains témoignages décrivent des demandes de paiement qui arrivent tôt, parfois avant même que l’activité soit vraiment lancée. Ça crée une pression, et ça pousse parfois des gens à bricoler, ce qui n’arrange rien.

Il y a aussi un piège classique: fixer un tarif trop bas pour attirer des clients, puis se retrouver coincé. Des parcours d’indépendants montrent ce mécanisme: démarrer au niveau du SMIC, puis augmenter petit à petit quand les cotisations montent. Sauf que si tu n’augmentes jamais, tu travailles beaucoup pour peu. Et si tu augmentes trop vite, tu perds des clients. C’est un équilibre, pas une formule magique.

Dernier point, plus physique: finir à 15 h, c’est bien, mais ça peut vouloir dire commencer très tôt et enchaîner des tâches répétitives. Le nettoyage, c’est des épaules, des poignets, du dos. Si tu veux tenir des années, il faut faire attention à ton corps et à tes conditions de travail. Sur TikTok, on voit le chiffre, pas la fatigue. Et c’est là que le fantasme « argent facile » devient franchement trompeur.

Ce que son cas dit des métiers dévalorisés et des salaires qui bougent

Le succès de Niamh Hough raconte une tendance plus large: des métiers jugés « ingrats » peuvent devenir rentables quand la demande est forte et que l’offre manque. On le voit aussi dans d’autres secteurs de service où il y a pénurie de main-d’uvre.
Au Québec, par exemple, des listes d’emplois étudiants mettent en avant des postes dans la santé et l’entretien, parce que les structures recrutent et peinent à remplir. Ce n’est pas glamour, mais c’est concret.

Ça dit aussi un truc sur la jeunesse et le rapport au salariat. Dans des travaux sur les indépendants, on retrouve des discours de « déçus du salariat » qui valorisent l’autonomie, la relation client, le fait de choisir sa clientèle. Une coiffeuse à domicile, par exemple, explique trouver des clients plus respectueux qu’en salon. Ce n’est pas le même métier, mais la logique est proche: tu reprends le contrôle sur ton quotidien.

Pour les lecteurs, la question n’est pas « est-ce que tout le monde peut faire pareil? ». Non. Tout le monde n’a pas l’énergie, l’organisation, ni l’envie de faire un job physique. Et tout le monde n’a pas le tempérament pour gérer des clients, des annulations, des factures, et la solitude du statut. Mais son cas force à regarder les métiers de service autrement: pas comme un plan B, plutôt comme une activité qui peut se structurer.

Et il y a un dernier effet, plus politique: quand des jeunes montrent qu’ils gagnent correctement dans ces métiers, ça met la pression sur ceux qui payent mal dans d’autres secteurs. Ça remet la valeur du travail sur la table, et pas seulement le diplôme. Ça ne rend pas le nettoyage « cool » du jour au lendemain, mais ça oblige à arrêter de faire semblant: la société tourne grâce à ces métiers, et certains commencent à le monnayer au prix réel.

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