L’année 2026 s’annonce comme un tournant pour les bénéficiaires de l’Allocation aux Adultes Handicapés. Revalorisation, maintien de la déconjugalisation et ajustement des plafonds de ressources : les décisions prises par le gouvernement redessinent le paysage de cette aide sociale essentielle, qui touche désormais plus d’un million de personnes. Les nouvelles dispositions, appliquées à partir du printemps, modifient à la fois le montant perçu et les conditions d’attribution, avec un impact direct sur les foyers les plus modestes. Voyons tout cela plus en détail.
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Revalorisation de l’allocation : une hausse modérée mais confirmée
Après des mois d’incertitude autour du gel des prestations sociales, la revalorisation de l’AAH est confirmée. Indexée sur l’inflation réelle, elle portera le montant mensuel maximal à 1 042,62 euros, soit une hausse de 9,30 euros par rapport à 2025.
Cette révision sera automatiquement appliquée par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) ou la Mutualité Sociale Agricole (MSA) à compter du 1er avril 2026. Les bénéficiaires percevront le nouveau montant dès le versement du 5 mai, sans démarche particulière.
Le gouvernement justifie cette hausse par la volonté de préserver le pouvoir d’achat des personnes handicapées, après un débat houleux autour d’un gel budgétaire envisagé à l’automne précédent.
Nouveaux plafonds de ressources et règles d’attribution en 2026
Les barèmes de l’AAH sont ajustés pour refléter les évolutions économiques. En 2026, le plafond annuel de ressources pour une personne seule s’élèvera à 12 301 euros, seuil maintenu pour les couples depuis la mise en œuvre de la déconjugalisation.
| Composition du foyer | Plafond annuel de ressources 2026 |
|---|---|
| Parent isolé avec un enfant | 18 450 € |
| Parent avec deux enfants | 24 597 € |
| Par enfant supplémentaire | +6 147 € environ |
Les bénéficiaires hébergés en EHPAD ou en foyer médicalisé continueront à percevoir une allocation réduite de 70 % après 60 jours de présence, pour un minimum garanti d’environ 311 euros mensuels. Cette mesure vise à préserver une part d’autonomie financière pour les personnes concernées.
Déconjugalisation : un principe désormais consolidé
Entrée en vigueur le 1er octobre 2023, la déconjugalisation de l’AAH demeure un pilier du dispositif en 2026. Cette mesure met fin à la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l’allocation et concerne environ 120 000 bénéficiaires, principalement des femmes.
Désormais, seul le revenu personnel du demandeur est pris en compte. Avant la réforme, un allocataire vivant avec un conjoint percevant 1 800 € par mois ne touchait que 200 €. En 2026, dans la même situation, il percevra 1 042,62 €, soit le montant intégral.
Cette évolution renforce l’autonomie financière des personnes handicapées et corrige les inégalités au sein des couples mixtes, tout en simplifiant les démarches auprès de la CAF.
Seniors et cumul avec d’autres dispositifs sociaux
Les seniors reconnus en situation de handicap conservent la possibilité de cumuler l’AAH avec d’autres prestations, à condition de respecter certains critères.
Cette possibilité concerne notamment les personnes présentant un taux d’incapacité d’au moins 80 %, qui peuvent percevoir l’AAH tout en touchant une pension de retraite, une pension de réversion ou encore l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). Le cumul reste possible également en cas de revenus issus d’une activité réduite ou d’un emploi en milieu protégé.
Ces aménagements visent à éviter qu’une personne handicapée subisse une perte de ressources lors de son passage à la retraite ou en raison d’une activité à temps partiel. Pour que les droits soient calculés avec précision, il demeure nécessaire d’informer la CAF ou la MSA de tout changement de situation personnelle ou professionnelle.
Cette mise à jour régulière conditionne le maintien de l’allocation et permet d’ajuster les montants en fonction des revenus réellement perçus.
Revalorisations complémentaires et conseils pratiques
La hausse de 0,9 % annoncée pour 2026 reste limitée face au coût de la vie. Pour compenser, les bénéficiaires sont encouragés à vérifier leur éligibilité à d’autres aides :
- Aide personnalisée au logement (APL)
- Prestation de compensation du handicap (PCH)
- Complément de ressources ou majoration pour la vie autonome
Ces dispositifs peuvent se cumuler avec l’AAH et améliorer sensiblement le revenu des foyers. Pourtant, des millions de Français passent à côté de ces aides, faute d’information ou de démarches actualisées.
Le Centre communal d’action sociale (CCAS) et les associations locales peuvent accompagner les démarches et la mise à jour des dossiers auprès de la CAF ou de la MSA.
Une actualisation régulière du dossier reste indispensable pour éviter tout trop-perçu et garantir l’accès à l’ensemble des droits disponibles.
En 2026, l’AAH poursuit donc sa transformation, entre revalorisation modérée et maintien d’une logique d’indépendance renforcée pour les bénéficiaires.
Je m’intéresse aux questions économiques, à la vie des entreprises et aux enjeux liés à la retraite. À travers mes articles, je décrypte l’actualité du monde du travail et du patrimoine, avec l’objectif d’apporter des informations claires, pratiques et utiles à celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre les évolutions du système économique et leurs impacts sur leur quotidien.