1 750 de pension par mois, ça fait 21 000 sur l’année. Sur le papier, tu te dis: « OK, je vais payer un peu d’impôt. » Sauf que pour 2026, dans le cas d’un retraité seul sans autre revenu, le calcul peut te faire tomber à… zéro euro d’impôt sur le revenu. Oui, zéro. Et c’est là que beaucoup se font avoir par le mot « non imposable ». Parce que même si l’impôt sur le revenu peut disparaître, les prélèvements sociaux, eux, restent bien réels. CSG, CRDS, Casa: ça tombe directement avant que l’argent n’arrive sur ton compte. Dans l’exemple le plus cité, ça représente 1 554 sur l’année. Du coup, la vraie question n’est pas « combien d’impôt je paie? », c’est « combien il me reste vraiment chaque mois? ».
21 000 par an: le chiffre qui déclenche tout
On part d’un truc simple: 1 750 par mois, c’est 21 000 par an de pension brute. C’est ce montant qui sert de base à pas mal de calculs, et c’est aussi celui que les gens retiennent. Le problème, c’est qu’entre « pension brute », « revenu imposable », « revenu fiscal », tu peux vite te perdre. Et c’est souvent là que naissent les mauvaises surprises.
Dans les simulations et exemples qui circulent, on voit apparaître une base imposable autour de 18 900 dans un cas « simple ». Et là, tu peux tomber sur un impôt sur le revenu d’environ 803 sur l’année, soit autour de 67 par mois de prélèvement à la source. Ça, c’est le scénario qui fait peur quand tu le lis vite. Sauf que ce n’est pas le seul chemin possible selon les abattements et la décote.
Dans un autre calcul, on passe par la déductibilité d’une partie de la CSG: 4,2 % de CSG déductible. Résultat, le revenu retenu peut être ramené à 19 446 par an dans l’exemple détaillé. Ensuite, tu empiles les mécanismes classiques: déduction forfaitaire de 10 % sur les pensions, abattement lié à l’âge (plus de 65 ans), puis la décote. Et là, l’impôt sur le revenu peut retomber à zéro.
Le truc à retenir, c’est que deux retraités avec la même pension brute peuvent ne pas avoir la même addition, selon leur situation et les paramètres retenus. Perso, c’est ce que je vois chez des lecteurs qui m’écrivent: ils comparent juste « 1 750 « , et ils oublient le reste. Or, l’administration ne raisonne pas comme toi au café du coin. Elle raisonne en cases, en abattements, en revenu fiscal de référence, et ça change la photo.
Pourquoi l’impôt sur le revenu peut tomber à zéro
Quand on te dit « impôt sur le revenu nul », ce n’est pas une formule magique, c’est une addition de petites marches. D’abord, une partie de la CSG est déductible: 4,2 % dans l’exemple mis en avant. Ça baisse la base prise en compte. Ensuite, tu as la déduction forfaitaire de 10 % sur les pensions, qui reste en place. Il avait été question de la remplacer, mais pour 2026, elle est maintenue.
Après, il y a l’abattement réservé aux plus de 65 ans. C’est un dispositif souvent mal connu, parce qu’il ne se voit pas sur ton relevé bancaire: c’est un ajustement fiscal. Tu ne « touches » pas cet argent, mais il compte dans le calcul. Et quand tu ajoutes la décote, tu arrives à un mécanisme qui peut gommer l’impôt quand tu es juste au-dessus des seuils. Résultat: tu peux te retrouver non imposable, même avec 21 000 de pension brute.
Dans l’exemple complet, le revenu imposable est ramené à 19 446 par an après la déductibilité de CSG. Puis, avec les abattements et la décote, le calcul aboutit à un impôt sur le revenu nul. C’est contre-intuitif, parce que tu as l’impression que 1 750 par mois, ce n’est pas « petit ». Mais le barème et les mécanismes autour sont faits pour éviter de faire basculer trop brutalement les gens dans l’impôt.
Attention quand même à un point: « impôt nul » ne veut pas dire « aucun prélèvement ». Je le répète parce que c’est le piège classique. Beaucoup de retraités se focalisent sur le taux de prélèvement à la source affiché sur leur espace fiscal ou sur la ligne « PAS » de leur caisse de retraite. Sauf que le gros du prélèvement, dans pas mal de cas, c’est la CSG et ses copines. Et elles, elles s’en fichent que ton impôt sur le revenu soit à zéro.
CSG 2026: les seuils de RFR qui te font basculer
La CSG sur les pensions ne tombe pas du ciel: elle dépend de ton revenu fiscal de référence, le fameux RFR. Et pour 2026, le taux appliqué découle du RFR 2024. Oui, c’est décalé, et oui, ça complique la lecture. Les seuils sont revalorisés de 1,8 %. Pour une personne seule (1 part), l’exonération totale s’applique si le RFR est inférieur à 13 048.
Juste au-dessus, tu as un taux réduit de CSG à 3,8 % si ton RFR se situe entre 13 049 et 17 057. Et au-delà, tu bascules vers des taux plus élevés. Dans l’exemple d’un retraité à 1 750 par mois, on retient un taux de CSG de 6,6 %, auquel s’ajoutent la CRDS (0,5 %) et la Casa (0,3 %). Total: 7,4 % de prélèvements sociaux sur la pension.
Ça donne un chiffre très concret: 1 554 sur l’année, retenus directement. Et c’est là que ça se joue psychologiquement. Tu peux ne « rien payer » en impôt sur le revenu, mais voir ton net mensuel réduit avant même d’avoir commencé à vivre. La caisse de retraite fait la retenue et te verse le reste. Pas besoin d’attendre septembre ou une régularisation: c’est immédiat, et ça passe souvent sous le radar.
Et c’est aussi là que tu peux avoir des écarts entre retraités à pension brute identique. Deux personnes à 1 750 peuvent ne pas être au même taux de CSG si leur RFR n’est pas le même. Un peu d’épargne, un petit revenu annexe, ou une situation fiscale différente, et tu changes de case. Résultat: certains sont exonérés, d’autres au taux réduit, d’autres au taux plus élevé. Sur un budget serré, ces points de pourcentage, ça se sent.
Ce qu’il te reste sur le compte: le vrai « net net »
Le calcul « à garder en tête », il est bête comme chou: pension brute prélèvements sociaux prélèvement à la source. Sauf que dans le cas où l’impôt sur le revenu est nul, le prélèvement à la source peut être à zéro, mais les prélèvements sociaux restent. Sur l’exemple à 7,4 % au total, on retombe sur 1 554 par an. Si tu divises, ça fait environ 129,5 par mois qui partent avant d’arriver.
Donc, sur 1 750 bruts, tu peux te retrouver autour de 1 620 « sur le compte » si on ne regarde que ces prélèvements sociaux. Et si, dans un autre scénario, tu avais un impôt sur le revenu d’environ 803 sur l’année, tu rajoutes environ 67 par mois de prélèvement à la source. Là, tu descends encore. Ce n’est pas la même vie quand tu dois payer ton loyer, ta mutuelle et l’électricité.
J’ai eu au téléphone une ancienne aide-soignante (appelons-la Claude, pour rester dans le classique) qui me disait: « On me répète que je ne suis pas imposable, mais je vois bien que je touche moins que ce que j’ai gagné. » Elle n’a pas tort. Le mot « impôt » est devenu un raccourci. Sauf que la CSG, la CRDS, la Casa, ce sont des prélèvements obligatoires aussi. Ils financent autre chose, mais pour ton portefeuille, c’est le même tiroir-caisse.
La nuance importante, c’est que ces retenues sont automatiques et peu visibles. Sur un avis d’impôt, tu vois « 0 « . Sur ton relevé de pension, tu vois des lignes techniques. Beaucoup ne les lisent pas, ou ne les comprennent pas. Résultat: certains découvrent tard qu’ils ont « payé » plus de 1 500 sur l’année sans jamais recevoir un avis d’impôt à régler. C’est légal, c’est normal, mais ça mérite d’être dit clairement.
Les pièges classiques: simulateur, prélèvement à la source, fausses certitudes
Premier piège: confondre simulation et réalité. Le simulateur officiel te demande de remplir des cases, et il fait le boulot. Mais si tu te trompes de montant, si tu oublies un détail, tu peux te croire non imposable alors que tu ne l’es pas, ou l’inverse. Et surtout, le simulateur va te parler d’impôt sur le revenu, pas forcément de ce qui est déjà prélevé via la caisse de retraite. Tu dois garder les deux en tête.
Deuxième piège: regarder uniquement ton taux de prélèvement à la source. Beaucoup de retraités se focalisent là-dessus, parce que c’est le chiffre « simple »: 0 %, 2 %, 5 %. Sauf que si ton impôt est nul, le PAS peut être nul… et tu peux quand même avoir une ponction de 7,4 % via la CSG/CRDS/Casa. Le taux qui te fait mal n’est pas celui que tu regardes sur ton espace fiscal, c’est celui que tu subis sur la pension.
Troisième piège: croire que « pas de hausse générale d’impôts » veut dire « je ne paierai pas plus ». Le barème de l’impôt sur le revenu est indexé sur l’inflation pour éviter que des foyers basculent mécaniquement dans une tranche. C’est plutôt une bonne nouvelle. Mais ça ne protège pas de tout: les prélèvements sociaux, eux, dépendent de seuils de RFR et de ton profil. Si ton RFR grimpe, même sans te sentir plus riche, tu peux changer de taux.
Dernier point, et je vais être un peu cash: l’usine à gaz profite surtout à ceux qui ont le temps et les codes. Si tu es retraité, que tu n’as pas envie de passer tes soirées sur des cases 1AS à 1DZ, tu fais confiance. Sauf que la confiance ne remplit pas le frigo. Regarde au moins deux choses: ton RFR sur ton dernier avis, et les retenues détaillées sur ton relevé de pension. Après, tu sauras si ton « 0 d’impôt » est une vraie respiration, ou juste une étiquette.
Sources
- Impôts 2026 : retraités à 1750 € de pension ? Voici ce que vous …
- Retraite : je touche 1750 euros de pension par mois, voici combien …
- Claude touche une retraite de 1 750 € par mois, voici combien elle …
- Calcul de l’impôt 2026 sur les revenus 2025 modèle simplifié
- Calculatrice d’impôt sur le revenu du Canada 2025-2026 – TurboImpôt
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